Deux manières d’apprendre ses premiers pas de tango

Moi, j’ai appris à danser le tango en apprenant le « pas de base » en rectangle. Je n’y ai rien compris, quand on m’a dit qu’on apprenait le pas de base pour ne jamais l’utiliser… Un peu contradictoire, non?

Toujours est-il que mon esprit cartésien, venant de la salsa où j’avais appris à compter jusqu’à 4, a été bien rassuré de savoir qu’il ne fallait maintenant compter « que » jusqu’à 8! Si ce n’est que 2 fois plus compliqué, alors ça me va! J’ai donc appris mes 8 pas, en commençant vers l’arrière, puis à gauche, puis en avant, faire que la femme croise, puis terminer avec un pas vers la droite. J’étais bien content d’avoir quelque chose de « stable » sur lequel me raccrocher.

Je n’entrerai pas plus dans les détails, car quand j’y repense, je n’adhère plus du tout, mais alors plus du tout à cette méthode. Qui nous formatte à commencer chaque fois avec le même pied dans la même direction, qui fait que la femme peut mémoriser des pas plutôt que sentir le guidage, et développe des anticipations et des asymétries parfaitement évitables. Comme par exemple la question du croisé, systématiquement un seul à la fois, et du même côté. Ou encore, le fait que la femme soit toujours avec le poids sur un pied, soi-disant prête à partir, alors que si elle l’avait sur les deux pieds, l’homme pourrait la faire partir avec l’une ou l’autre de ses jambes, selon sa créativité et son improvisation du moment.

Avec Norma et Ernesto, j’ai eu l’occasion d’être témoin d’une méthode d’apprentissage du tango bien plus intuitive, et qui évite de sombrer dans des défauts tels que la tension, la dureté dans le corps, l’anticipation et le formattage, par exemple. Je suis mal placé pour en parler, vu que je n’ai pas appris de cette manière, mais j’ai vu des couples apprendre joyeusement comment marcher ensemble, simplement.

La première étape était d’apprendre à marcher tout en restant relâchés, de ressentir l’autre, sur quelle jambe chacun a son poids. Puis, petit à petit, que l’homme guide un croisé, ni selon une cadence régulière, ni systématiquement du même côté, pour éviter d’entrer dans une routine qui permette à la femme de mentalement aider ou anticiper quand ce croisé lui serait guidé. L’obliger à ressentir le guidage avec son corps et non avec sa tête.

Et ainsi de suite. Le tango, au final, c’est comme la Salsa selon Azuquita! Sur le même thème, voici un site dont j’adore le nom: EasyTango. Je ne l’ai pas exploré en détail pour pouvoir dire si le contenu est en ligne avec le titre du site ou la point de vue proposé par cet article, mais vous comprenez le message.

Peu à peu, on ajoute des pièces au puzzle, et le plus beau, c’est qu’il y en aura toujours, à ajouter. Mais les pièces, ce sont des mouvements supplémentaires que chacun combine et accumule à sa guise, en créant sa propre danse, et non des figures apprises qu’on cherche à répéter.

J’ai cru comprendre que peu à peu cette méthode devenait plus répandue dans l’enseignement du tango, et j’en suis bien content. Tant mieux! Toutefois, le plus important est de commencer à danser, quelle que soit la pédagogie de la leçon. Et si le cours qui vous arrange le mieux au niveau emplacement, horaire, ou alors parce que c’est le seul qui est disponible, vous propose à la première leçon d’apprendre le pas de base, pas de souci, faites avec en souriant, en évitant de dire que « j’ai lu que… » Le tango n’est ni tout noir, ni tout blanc. Personne n’a raison, personne n’a tort, et chacun a le droit d’avoir son avis.

Allez à ce cours avec enthousiasme, et souvenez-vous juste qu’il n’y a pas de carcan ni de rigidité dans le tango: tout est liberté. Alors Monsieur, une fois que vous avez appris à faire le pas de base, faites-le à l’envers par exemple, à chaque fois sans avertissement bien entendu. Variez-le en combinant des pas simples à gauche, à droite, en avant, en arrière… 1, 2, 3 croisés à la suite. Ou pas de croisé. Et Madame ou Mademoiselle, soyez patiente et à l’écoute de son guidage, soyez prête à être surprise par un croisé à l’envers, deux croisés consécutifs, un démarrage avec l’autre jambe. Vous êtes en « vacances », en quelque sorte. Ne cherchez jamais à mémoriser quoi que ce soit, ni à comprendre le pas ou la figure, ni à l’aider si son guidage est pas clair, ni à le faire aller plus vite que la, ou que sa musique: vous lui rendrez, et vous rendrez, un très mauvais service.

Le tango est l’un des défis ultimes en matière de patience…

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~ par jononline sur 14/03/2009.

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